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Episode de gel dévastateur

La semaine dernière, des températures historiquement basses ont été enregistrées dans de nombreux endroits de la région. Beaucoup d’entre nous ont vu ces images de producteurs tentant de lutter contre le gel en allumant des feux dans leurs champs.

Il est à ce jour très compliqué d’évaluer les pertes, mais voici quelques éléments à avoir en tête :

- Pour certains paysans, c’est le 3ème épisode de gel en quatre ans. La grande problématique est surtout la précocité de la floraison (une quinzaine de jours plus tôt qu’il y a 20 ans), qui rend les récoltes bien plus sensibles au froid. Des mois de travail et d’investissement sont à chaque fois perdus, et il est impossible d’investir pour rendre les fermes plus résilientes face à ces catastrophes qui vont, on le sait, se multiplier.

- 20% seulement des agriculteurs en France sont couverts par une assurance.

- En arboriculture, les pertes de récolte dues à cet épisode sont estimées à 80 à 100% puisqu’à partir de -1°C, il y a déjà 20% de pertes.

- Le fait de mettre une zone en calamité agricole ne va pas couvrir ces pertes. En 2017, suite au gel qui avait dévasté les récoltes de pommes, le problème a résidé dans les modalités d’attribution des aides : le prix du kilo utilisé pour calculer le chiffre d’affaires perdu était calqué sur le prix de l’agriculture industrielle, et les aides dépendaient de la surface agricole. Donc les petits producteurs ont été loin d’être indemnisés correctement. Selon le communiqué de presse de la Confédération Paysanne, le Ministre de l’agriculture a lui-même reconnu lors d’une réunion d’urgence que le système actuel – calamités agricoles et assurances privées – n’était pas efficient à court comme à moyen terme.

Par ailleurs, la viticulture et les grandes cultures ne sont pas éligibles au régime des calamités agricoles.

Le Président du Conseil Régional PACA a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 500 000€ pour aider les agriculteurs qui ne seraient pas concernés pleinement par les aides d’État ou par les dispositifs d’assurances classiques. A titre de comparaison, lors du gel de 2017 qui a frappé les Hautes-Alpes, une seule ferme arboricole en AMAP avait perdu 150 000€ de chiffre d’affaires. Les aides lui ont permis d’en toucher 15 000€. Quand on voit l’ordre de grandeur des dégâts et le nombre de paysans potentiellement touchés, on ne peut que constater que l’aide publique ne sera donc pas à la hauteur des besoins.

Ainsi, parce que nous sommes le mouvement des AMAP et que la solidarité est constitutive de notre histoire et de notre socle de valeurs, nous appelons les amapiens à maintenir les contrats passés avec les paysans touchés par le gel. Vous pouvez également proposer de faire une avance sur les récoltes de l’année prochaine : le besoin en trésorerie va être très grand sur les fermes. Nous vous invitons à en discuter avec les paysans et les amapiens pour identifier ensemble les besoins sur les fermes et les possibilités qu’ont les amapiens d’y répondre.

De nombreuses autres solutions peuvent être imaginées : si vous souhaitez nous les partager n’hésitez pas à nous écrire et nous les diffuserons pour que tout le monde puisse s’inspirer des autres. En revanche, nous vous déconseillons de :

  • Mettre en place une cagnotte (pour un prêt ou pour des dons) récoltée par l’AMAP et reversée au paysan : pour répondre au principe de spécialité des associations, l’activité de don ou de prêt doit normalement entrer dans le cadre de l’objet social de l’AMAP (donc dans ses statuts) ; en outre, en mettant en place ce genre d’outils, on prend le risque d’une qualification de relation privilégiée avec le paysan, ce qui rendrait l’AMAP fiscalisable (même si la gestion des dons ou prêts est désintéressée). Il est préférable de créer des structures ad hoc (cf. article du MIRAMAP sur ce sujet)
  • Organiser des échanges d’argent sur le lieu de livraison en fonction des récoltes : la vente au déballage est strictement réglementée et, sans déclaration préalable et taxation particulière, le paysan s’expose à des sanctions en cas de contrôle.

A l’attention des paysans : si vous êtes touchés, merci de répondre à quelques questions par ici. Cela nous donnera une meilleure idée de ce qui se passe et de vos besoins. Il est conseillé de :

  • vous manifester auprès de votre Mairie pour qu’elle saisisse la DDT
  • prendre des photos
  • déclarer le sinistre à votre assurance si vous avez une assurance récolte
  • demander un dégrèvement de la taxe foncière sur le foncier non bâti à votre centre des impôts fonciers (ou à votre Mairie qui vous aidera pour le faire).

Quelques infos par département :

  • Dans le Var : la Chambre d’agriculture a réactivé la cellule de crise, toutes les infos par ici. Un formulaire à remplir pour décrire les dégâts est en ligne.
  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence : vous êtes invités à remplir un formulaire. Les infos ici.
  • Dans les Bouches-du-Rhône : là encore un formulaire à remplir, et d’autres informations à suivre en cliquant ici.
  • Dans le Vaucluse : la Chambre départementale a activé sa cellule d’appui et vous donne plus d’infos par là.

Avec Miimosa, plateforme de financement participatif, nous vous proposons de vous aider à lancer une campagne de dons ou de prêts pour vous assurer de la trésorerie  :

- On peut vous préparer un texte à copier-coller en le personnalisant un peu et en y ajoutant quelques photos, pour créer votre campagne plus vite
- On organise une visio avec Miimosa pour vous expliquer comment lancer la campagne et la suivre : en 2h, vous avez tout ce qu’il faut, et un suivi ensuite par une salariée de Miimosa à votre disposition
- Les frais habituellement de 8% du montant collecté, sont abaissés à 3% (frais financiers, pas de rémunération pour Miimosa) pour les producteurs touchés par le gel.
- Si c’est possible, vous pouvez vous mettre en lien avec un ou plusieurs amapiens qui pourraient gérer la collecte sur Miimosa pour vous, ou en tout cas vous donner un coup de main.
- Cette catastrophe peut aussi être l’occasion pour nous, collectivement, de réfléchir à augmenter la résilience des fermes, leur diversification.

Si vous êtes intéressés par l’une ou l’autre de ces propositions, merci d’écrire à emmanuelle.boggio@lesamapdeprovence.org

Le couvre-feu à 19h, une situation intenable pour les paysannes et paysans en AMAP !

Pour ce 3ème confinement, comme pour les précédents : les livraisons d’AMAP sont autorisées, y compris dans les ERP (voir les informations), et l’organisation des livraisons doit être adaptée aux mesures sanitaires (voir les recommandations sur le site du MIRAMAP).


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