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Quand le thermomètre s’affole, l’été cauchemardesque de nos paysans !

Trois mois de pluies intenses pour trois mois de canicule. Derrière le thermomètre qui s’affole, les premiers touchés sont nos paysans.

« Nous avons subi énormément de pertes. » Le constat est sans appel. Contacté il y a peu de temps, Sébastien Elluin, maraîcher en AMAP dans les Bouches du Rhône, décrit une saison catastrophique. Après un printemps particulièrement arrosé, l’été a basculé dans une chaleur continue, impactant toutes les cultures et élevages.

Les pucerons ont envahi les concombres, les fleurs des tomates sont tombées au mauvais moment, entraînant une récolte quasi inexistante au mois d’août, et il a été impossible de ressemer les laitues, les graines n’ayant pas germé à cause des fortes températures. Dans les paniers des amapiens, on retrouve des courges, faute d’autres légumes : les maraîchers utilisant déjà le stock des légumes prévu pour cet hiver.

Un métier qui ne pardonne pas l’imprévu

Ce qui rend ce genre de saison si redoutable, ce n’est pas seulement la chaleur elle-même : c’est l’immobilité qu’elle impose. Car la paysannerie « se prépare longtemps à l’avance », rappelle Sébastien. « Il est impossible de faire des modifications de dernière minute, car les températures ne correspondent alors plus, ni aux saisons ni à la durée du jour ». Et de rappeler une donnée que le grand public ignore souvent : à l’exception de quelques cultures rapides comme les radis, il faut compter au minimum deux mois entre le semis et la récolte. « Pour qu’une culture en vaille la peine, il faut pouvoir l’amener à son terme dans de bonnes conditions ». Il n’est pas possible de réévaluer les choses rapidement.

Des prédateurs qui s’invitent à table

A ces pertes climatiques s’ajoute une pression croissante des prédateurs. Lapins, sangliers et punaises « détruisent nos récoltes » et viennent fragiliser un peu plus des exploitations déjà mises à mal par la sécheresse et les canicules à répétition.

Se réinventer, chaque année

Nos paysans n’ont plus le choix il faut s’adapter en permanence, il faut aussi que les mangeurs prennent conscience que leurs assiettes vont changer. Des tomates en mai et juin, voilà ce qui se profile dans les calendriers de production.

Derrière chaque panier, il y a un paysan qui compte, sème, arrose et espère…

Mais malheureusement, il n’a aucun pouvoir magique pour faire face à de telles conditions climatiques.